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Des Hommes se
souviennent

SARS-LA-BRUYERE - Les commémorations
de La libération se mettent en
marche. Sans le savoir, Christophe Blondiau
et Guillaume Masy, deux passionnés
d'Histoire, se sont intéressés au
même héros: le soldat Gino Merli. En 1944, il a trompé, découragé et
décimé l'ennemi en une nuit. Pas moins de 52 corps allemands ont été retrouvés
autour de la position du combattant allié.
Christophe Blondiau, professeur d'histoire
à Saint-Ghislain, et Guillaume
Masy, étudiant en marketing, se sont
rencontrés pour la première fois au
domicile de ce dernier. Rapidement, les
deux passionnés d'histoire ont discuté
de Gino Merli. Christophe Blondiau a eu la chance de le rencontrer lors de
sa venue en 1995 à Sars-la-bruyère, sur
les lieux du drame. Le jeune homme
pose une question : Comment était l'ancien
combattant, décédé en 2002 ? Gino
Merli était très sensible,
répond Christophe
Blondiau. Lors de sa venue, il m'a
parlé longuement de ses sentiments vis-
à-vis de la mort de ces hommes qu'il
avait été obligé de tuer. il était très religieux
et m'a confié qu'à l'arrivée de ses
frères d'armes, il avait demandé à s'arrêter
à la première chapelle venue pour prier.
Guillaume Masy :
«Peu de jeunes sont capables
de faire ce que Gino a fait»
Christophe Blondiau a découvert le
récit de Gino grâce à ses parents et à
ses grands-parents. Guillaume Masy a
lui aussi entendu parler très jeune de
ce héros qui n'avait pas hésité à faire
deux fois le mort devant l'ennemi afin
de sauver sa vie. La première fois, je n'ai pas compris l'impact de son
geste. Plus
tard, quand j'ai relu le récit, j'ai vu les
choses d'un autre œil. J'avais alors le
même âge que lui au moment des faits.
le me suis dit qu'à l'heure actuelle peu de jeunes auraient été capables
de faire ce qu'il a fait cette nuit-là.
Christophe Blondiau a écrit un essai
Christophe Blondiau a mené un travail de recherches sur les faits de
guerre à Sars-la-Bruyère et dans l'entité : J'aimerais faire éditer cet
essai. On y trouve les témoignages de personnes qui ont vécu la
libération. Il se souvient: Une dame m'a raconté que, jeune fille, elle
a vu défiler les Américains. Elle a offert un bouquet de dahlias à l'un
d'entre eux. Elle a toujours en tête le magnifique sourire qu'il lui a
adressé au moment où elle a tendu les fleurs. Le lendemain, elle a
découvert son corps dans un fossé tout proche. il avait été abattu d'une
balle dans la tête. Elle a ramassé
son
casque et l'a emporté. Elle l'a fleuri tout au long de ces années.
Aujourd'hui, elle me l'a offert.
Guillaume Masy s'interroge : Les témoins ressentaient-ils l'envie réelle de
parler de tout ça ? Oui, rétorque le professeur d'histoire. Mais les
témoignages deviennent difficiles. Beaucoup ne sont
plus là pour en parler. Un grand nombre
des personnes que j'ai rencontrées m'ont
expliqué avoir vécu ces jours de libération comme s'ils étaient hors du temps.
Les jours ont défilé; ils n'avaient plus aucun repère.
Selon les deux hommes, il ne fait aucun doute qu'un effort particulier
doit être mené en faveur du devoir de mémoire. Quand je croise sur ma route un
monument aux morts, je m'y arrête, explique le jeune homme. Quel que soit le
conflit ou l'époque. Je lis les noms et adresse une pensée à ces personnes. Idem
pour Christophe Blondiau.
Guillaume Masy célèbre les Alliés

Le Dourois, vice-président de l'asbl Infantry 44, a mis sur pied une marche
en l'honneur de Gino Merli. Sur les trois
communes sollicitées, seule Frameries a répondu favorablement de façon
immédiate. Notre but est de rappeler ce qui s'est passé cette nuit-là.
Christophe
Blondiau promet d'être de la partie.
Guillaume Masy lui propose alors de
combiner l'organisation d'un camp de
reconstitution avec la présentation
officielle du livre de Christophe Blondiau.
Celui-ci accepte l'offre. Les deux
passionnés vont se revoir et ne manqueront
pas de parler de leur passion commune: la Seconde guerre mondiale.
(La Chambourlette)
Marche du souvenir en l'honneur de
Gino Merli
le 5/9 au départ du Pavillon des Chasseurs à 10h. Rens.
0477/44.29.24.
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