Mœurs et Coutumes

 

 

Autrefois, le 1er mai, les jeunes gens plantaient sur la place, des bouleaux qui, après la fête était vendu au profit de l'église.

On voit dans un compte de faux frais, rendu pour l'année 1652, que les mayeurs et échevins donnèrent 56 sols aux tireurs, le jour de la dédicace. Lors de la vente des bois, les marchands, acheteurs, faisaient don à l'église d'une certaine somme qui s'éleva, en 1553-1554, à 10 livres 10 sols et, en 1565-1566, à 70 sols 1.

A la même époque, le receveur des revenus de l'église faisait, chaque semaine, dans le village, une collecte, dite « pourcas du quertin ». Les objets recueillis étaient vendus au profit de l'église. Cette vente produisit pour l'année 1553-1554 la somme de 32 livres 18 sols.

 

Le 25 juin 1726, une jeune fille de Sars, âgée de 28 ans ou environ, « se présenta aux mayeurs et échevins assemblés et, après avoir prêté serment, le crucifix en mains, elle affirma qu'elle était enceinte de huit mois ou environ des œuvres de J.W, qui l'a connue charnellement au mois d'octobre passé et qu'elle n'avait jamais eu cohabitation avec d'autres que lui, ce qu'elle a juré ès-mains des dits mayeur et échevins. »

Des avocats de la cour souveraine à Mons ayant examiné le rapport, émirent l'avis qu'à la réquisition des gens de loi, l'office pourra faire procéder à l'appréhension de J. W., et le constituer prisonnier, pour avoir assurance de la nourriture de l'enfant, J. W. ayant été emprisonné au château de Mons, sa mère se présenta, le 13 juillet, par-devant les féodaux de Hainaut pour se rendre responsable de la nourriture et de l'entretien de l'enfant, à la décharge de la communauté de Sars, ce à quoi, le sieur Tevelle, bailli, condescendit, la requérante s'étant obligée sous 20 sols tournois de peine2.

 

 

D'après une note d'un chassereau des biens de la fabrique pour les années 1705 à 1738, le curé Plicette de Sars, recevait comme salaire, 20 patards pour aller chercher un mort adulte à la maison mortuaire, et 10 patards pour les enfants; les parents qui ne réclamaient pas ce service, devaient apporter leurs défunts auprès du cimetière.

Le tintement du glas rappelle le refrain ci-après, qui doit remonter à l'époque où nos provinces étaient sous la domination espagnole, et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours !(1920)

Quist' c' qué mort ?

Baptiste Cailliau,

Quist' c' qui la dit ?

Petite souris,

Où est-elle ?

A la chapelle.

Que fait-elle ?

Des dentelles

Pou l' Monsieur

Pou l' Madame

Pou le roi des Espagnes

C'est autre refrain se chante aussi sur le ton mi, ré, do

 

No l' avons

No l' tairon

No l' mettrons

Tout au fond

Sans candeille

Sans lumion

 

D'après la tradition, le clerc laïque, nommé Vilain dont il a été question; ci-devant, carillonnait sur les cloches, des airs populaires qui faisait danser les boraines se rendant à Bavay, avec leurs hottes pour y chercher du beurre et des légumes.

 

 

Située à l'orée des bois, à la frontière, privée de chemins pavés, la commune de Sars resta isolée après la révolution française et les habitants continuèrent de suivre les usages du bon vieux temps.

Vers 1830, la plupart des garçons portaient encore des bonnets, la casquette n'étant pas connue. Aucune société n'existait; le dimanche, par les sentiers qui Sillonnaient les prairies, les chemins étant souvent impraticables, on se rendait, le matin, à la messe et, l'après-midi, aux vêpres. Au lieu de s'attarder, comme actuellement, dans les cabarets, on rentrait chez soi après les offices. Aux fêtes. on buvait quelques pots de bière avec les amis. Les danses finissaient à la brune et chacun retournait à sa demeure.

Au XIVe siècle, la dédicace3 avait lieu le dimanche après l'Ascension4.

Le pèlerinage à Notre-Dame de la Fontaine était autrefois très fréquenté; à la fin du XVIe siècle, on avait coutume de faire baigner les enfants dans la fontaine.

 

1- Compte de l'église, 1553-1551 et 1565-1566. Archives de l'Etat à Mons.

2- Greffe scabinal de Sars. Embrefs. Archives de l'Etat de Mons.

3- La Dédicace est la cérémonie qui consacre une église comme lieu de culte et de prière. Elle devient vraiment Maison de Dieu et Demeure de Hommes. Commémorer la Dédicace, c’est se rappeler la vocation de ce lieu, lieu de rassemblement du peuple chrétien, lieu d’où s’élève ses prières.

4- Greffe scabinal de Sars, acte du 3 juin 1375 Archives de l’Etat à Mons.

 

Accueil