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Seigneurie de Le Haye

La famille de Le Haye possédait de grands biens à Sars.
Elle était apparentée à celle de Sars dont était issu Roger, abbé de
Saint-Ghislain. Nous voyons en effet dans les Annales de l'abbaye de
Saint-Ghislain, par dom Baudry, que Gérard de Sars, frère de l'abbé
Roger, par son testament du 30 avril 1282, donna 20 livres blancs à
chacune des quatre fille de Jean Bosquet de la Haye, son proche parent1.
Par acte
du 22 mars 1294, Willaume de le Haye, chevalier, se déshérita de tous
les héritages et du manoir de le Haye, qu'il tenait de l'église et du
chapitre de Sainte-Waudru, et en adhérita son fils Cholars de le Haye «
fors mis le manoir de le court ou Willaumes Barat maint 2»,
moyennant le service de 30 livre à payer au chapitre. Willaume de la
Haye se réserva aussi, pendant tout le cours de sa vie et celle Alix, sa
femme « tous les preus et les pourfis de l'héritage desseure nommet,
parmi six denier leuwier chacun an qu'il doit rendre et payer à son
fils, le jour de Saint-Jean-Baptiste». De tous ces héritages, Cholars
devait payer à l'église de Sainte-Waudru, 16 deniers ob blanc de cens,
par an le jour de Saint-Jean-Baptiste. Cet acte fut
passé sur le
pire
entre Genly et Sars, tenance de l'église de Sainte-Waudru, en présence
de Climenche de Halute, déléguée par l'église pour recevoir les 30
livres, et des « aviestis 3»
François
de le Haye posséda les héritages et le manoir de le Haye qui passèrent
ensuite à Jehan de le Haye, écuyer, son fils.
Jehan de le Haye apparait comme homme de
fief en 1412, il eu de sa femme une fille, Jeanne de le Haye, qui épousa
Jean de Havrech, dit de le Motte, chevalier.
Ce
seigneur posséda la cense et seigneurie foncière de le
Haye. Un rôle en parchemin renouvelé en février 1421,
atteste que Jehan de le Motte, chevalier, tenait et possédait
plusieurs cens et rentes échéant à plusieurs termes,
à cause de sa terre et seigneurie qu'on dit de le Haye à Sars, à lui échues par
le trépas de Jean de le Haye,
son beau père. « Le dit Jehan de le Motte est sire foncier
des héritages qui doivent ces rentes et qui se droitures
par mayeurs et hostes quand ils vont de main en autre,
les entrées et issues et aussi le sourcens de la première
année, par arrentement
4
».
Il tenait, en 1410, un fief à Jemappes, venant de
Jacques, bâtard de Havré, son père5, qui avait épousé
Marie de Le Loge, mourut en 1412, la nuit de Saint-Sébastien
et fut enterré au Val-des-Ecoliers, à Mons, ainsi que sa femme, décédée
le 25 février 1427.
Il soutint, de 1429
à
1433, deux procès
importants, le premier, contre le seigneur de Sars, pour obtenir
réparation du dommage causé
à
son pré par les eaux du vivier y contigu, dont l'écluse
avait
été
haussée, le second, contre le même
seigneur, le mayeur et les
échevins
de Sars, au sujet de la propriété
d'un chemin passant sur ses terres de le Haye et allant au moulin
à vent situé vers Genly. Nous
n'avons pu connaître les sentences rendues sur ces deux affaires, dont
les dossiers contiennent des renseignements très curieux sur les mœurs
du temps et la topographie du pays.
Jean de Havrech, dit de le Motte, mourut le 4 mai
1458 et fut enterré dans l'église du Val-des-Ecoliers, à Mons, ainsi que
sa femme Jeanne de le Haye et de Lechien, décédée en 1439. Il eut quatre
enfants:
1° Jean de Havrech, dit de le Motte, ci-après, A.
2° Jacques de Havrech, dit de le Motte, ci-après, B.
3° Jeanne de Havrech, dite de le Motte, qui épousa
Jehan de Gibiecq, dont elle eut :
a)
Anne de Gibiecq, qui épousa, en premières noces, Hugues du Vivier, dont
Marguerite du Vivier et en secondes noces, Simon Deslices, demeurant à Douai ;
elle eut du second lit, Jeanne Deslices qui s'unit à Andrieu Vrédière, le jeune,
sayeteur à Douai, dont Anseline Vrédière.
b)
Clémence de Gibiecq.
4° Marguerite de Havrech, dite de le Motte.
A. Jean de Havrech, dit de le Motte, hérita la terre et
seigneurie foncière de le Haye, par moitié et par indivis, avec son frère
Jacques. Il fut bailli du chapitre de Sainte-Waudru, de 1470 à sa mort, survenue
en 147436. Le 15 mars 1473, n. st., étant marié et ayant génération, il vendit,
par-devant les échevins de Sars, à Ernoul
Lefort, à Mons, 40 livres de rente par an et, en garantie, reporta entre les
mains du mayeur, la portion et tout le droit de propriété qu'il avait contre
Jacques de le Motte, son frère, dans la cense et seigneurie de le Haye, lui venant de
son patrimoine, et s'en déshérita au profit de Lefort. Ce dernier, dûment
adhérité, reporta en la main de Waudru, Katheron et Amenherge Lefort, ses trois
filles, qu'il avait eues de feu Catherine Moreau, sa femme, l'héritage de le
Haye, pour y prendre la rente de 40 livres7
Jean de Havrech mourut avant le 14 juillet 1474.
B. Jacques
de Havrech, dit de la
motte écuyer,
reconnut par-devant les échevins de Sars, qu'il devait 1000 livres
tournois à Jehan Castaigne et que, pour être délivré « de prison et de
fers », il avait vendu à Colart de le Croix, fils Jean, bourgeois de
Mons, une rente héritable de 40 livres et donné en garantie les
héritages venant de son patrimoine, entre autres la moitié qu'il avait
dans la maison et cense de le Have, grange, marescauchie, tour,
colombier, l'autre moitié appartenant aux hoirs de feu Jehan de Havrech.
Outre la maison de le Haye et ses dépendances, l'héritage
comprenait « 30 bonniers de terres, prés, bois, viviers et pasturages
gisant en le ville de Sars et alentours, lieu-dit le Planty, plus 20
livres ou environ de rentes héritables d'argent, d'avaine et de chapons
assises et assennées sur plusieurs lieux et manoirs à Sars qui doivent
les dites rentes et dont seigneurie foncière appertient aux dits Jacques
et hoirs quand ces lieux vont de main à autre ; si comme sur la maison,
courtil et yestre Gérard Couste.
La moitié
de la cens et seigneurie de le Haye
ayant appartenu
à
Jean de Havrech, fut acquise par Nicaise Wattier, demeurant à
Sars. Afin d'être
délivré
de la prison, où
il avait été
enfermé
pour dettes à
la traite de plusieurs créanciers,
Wattier fit rapport, le 17 février
1492, n. st. par-devant les échevins
de Sars de tous ses
héritages
gisant à
Sars, entre autres de la cense et seigneurie
de le Haye, partageant contre les hoirs de feu
Jacques de Havrech, et s'en déshérita
pour être
vendus par Léon
Lescouffle, sergent de la prévôté
de Mons. Cette moitié
demeura, par vente à
recours à
Jehan
Tarin, agissant «
pour lui ou homme de loi »
et appartint
ensuite à
Jacques Corosty, qui fut échevin
de Mons
en 1472, 1473, 1478, homme de fief et receveur des mortemains du comté
de Hainaut, conseiller et bailli du chapitre de Sainte-Waudru, conseiller au Conseil ordinaire en 1480, portant :
d'azur à
trois fers de moulin d'argent.
L'autre moitié,
appartint, après
la mort de Jacques de
Havrech, à
ses deux sœurs, Jehenne et Marguerite de
Havrech. Elle fut vendue, le 10 avril 1492. n. st. par
Anne de Gibiecq, veuve de Hughes du Vivier, et Clémence
de Gibiecq, soeurs, filles de feu Jehan de Gihiecq
et de Jehenne de Havrech, à
Jacques Corosty, à
charge
de 40 livres de rente par an. A cette date, Jacques Corosty, veuf de Jehenne
Ghillot, était
l'époux,
en secondes noces, de Michelle Le Roy à
qui, par l'acte précité
du 10 avril 1492, il laissa l'usufruit, sa vie
durant, de l'héritage
y mentionné.
Jacques Corosty eut pour enfants :
1° Nicolas
Corosty,
ci après
A.
2°
Marie Corosty, qui épousa,
en premières
noces,
Jehan Despretz, seigneur de Ciply et, en seconds noces,
Louis de Harchies, seigneur de Sars.
3° Saincte Corostv, qui épousa Jehan de Hun, prévôt
de Mons, dont elle était veuve le 19 décembre 1518.
4° Yolente Corosty, qui s'unit à Artus de Ligne, bâtard de Barbençon; elle eut
pour enfants :
a) Corneille de Ligne, ci-après,
B.
b) Jean de Ligne, écuyer, prévôt de Barbençon, qui eut une fille Anne de Ligne, qui épousa Jean Van Ballen, seigneur de Nordyck, bourgmestre de Groningue, ci- après,
C.
c) Anne de Ligne.
d) Jehenne de Ligne, épousa Martin du Terne
e) Louis de Barbençon, religieux au Val des écolier, Mons 8.
f) Marie de Barbençon, religieuse à Hautrages.
Devenue veuve de Jacques Corosty, Michelle Le Roy acheta à Thomas
Jacop et Martin de Hestrud, deux rentes d'argent, de chapons et de pains
dues sur deux maisons situées à Sars, selon des lettres du 26 avril
1511, d'hommes de fief de Hainaut . Elle apparaît
comme dame de la tenante de le Haye, dans des chirographes du 30
décembre 1312 et du 14 février 1318 , n. st. Elle soutint un procès contre Andrieu Vrédière, le jeune, et Jehenne
Deslices, sa femme, qui revendiquaient la propriété d'un quart de la
cense, des héritages et de la seigneurie de le Haye, échu à la dite
Jehenne Deslices, héritière de Marguerite de Havrech, sœur de Jehan et
de Jacques, à cause de plusieurs absences de ceux dénommés au
chirographe contenant le jugement
Deslices et Gibiecq — ». D'après des lettres d'hommes de
fief de Hainaut, en date du 27 février 1514, n. st.,
Andrieu Vrédière, d'accord avec sa femme, Jehenne
Delices, et Anseline Vrédière, sa fille, vendit ce quart
à la veuve Corosty, qui possédait les trois autres quarts,
en promettant de s'en déshériter à son profit.
Michelle Le Roy convola en secondes noces, avec Loys de Lisle, écuyer,
seigneur de Fontenoy, qui, le 28 mars 1518, n. st., tenait la seigneurie
de le Haye en action de sa femme 10
Loys de Lisle et sa femme firent leur testament, respectivement le 30
septembre et le 12 décembre 1519. Cette dernière laissa, entre autres,
1600 livres tournois à Jehan Despretz, seigneur de Ciply, époux de Marie
Corosty, sa fille du premier lit, laquelle hérita de sa mère le fief
situé hors la porte de Bertaimont à Mons, relevant de la seigneurie de
Sars et dont elle fit le relief le 8-11 novembre 1520.
A. Nicolas Corosty, seigneur de le Hove, hérita à la mort de sa mère, Michelle Le Roy, la seigneurie de le Haye, qu'il possédait
le 14 avril 1520, ainsi qu'on le voit dans un acte passé à cette date, devant les mayeur et « tenaules de cette tenante. » il
fut échevin de Mons de 1538 à 1544 et chef-échevin en 1547, 1550, 1552 et 1556.
Pour subvenir à ses nécessités, il fit rapport, le 28 février 1533, devant les mayeurs et échevins de Sars,
de la seigneurie de le Haye, venant de son patrimoine,
et s'en déshérita au profit de Quintin Bosquet, sauf à en jouir sa vie durant et
en faire à sa volonté avec Elisaheth de Straesbourg, sa femme, qu'il avait
épousée par contrat du 25 mai 152511.
Le 20 mai 1536, par affection pour Judich Corosty, sa fille naturelle, religieuse au couvent des sœurs grises à Hautrages, depuis appelée Isabeau, il lui assura 30 livres de pension
viagère par an. Selon lettres du 21 juillet 1542 d'hommes de fief de Hainaut, il assura la même somme, par an, à Marie de Ligne, alias de Barbencon, qui était
intentionnée d'entrer à ce couvent.
Il fit relief, le 30 septembre 1541, devant la cour féodale de Sars, du fief situé hors la porte de Bertaimont, à Mons, lui échu par suite du décès de Marie
Corosty, sa sœur.
Par son testament en date du 10 septembre 1557, il laissa, sur ses biens meubles, des pensions à ses neveux et nièces,
enfants d' Yolente Corosty, sa sœur, et d' Artus de Ligne, dit de Barbençon, à
Ponthus Corosty, son fils illégitime, à Guillaume et Nicolas Corosty, tous deux
fils de Ponthus, à Philippe Corosty, son fils illégitime et à Isabeau Corosty,
déjà citée, religieuse à Hautrages. Il fit aussi de nombreux legs à des églises,
couvents, à ses domestiques, etc, et laissa le surcroît et résidu » de son
testament, un tiers à la grande aumône de Mons, un sixième à l' hôpital
Saint-Nicolas, un sixième aux églises et
moustiers de Mons, un sixième aux pauvres femmes malades et gisantes, et un sixième aux chartriers.
Il mourut le 21 septembre 1557 et fut inhumé dans l'église de Sainte-Waudru,
au-devant de la chapelle de Saint-Blaise et près de sa femme Isabeau ou
Elisabeth de Straesbourg, décédée le 3 juin 1557, sans enfant.
B. Corneille de Ligne, écuyer, neveu de Nicolas Corosty,
hérita les seigneuries de le Hove et de le Haye. Il figure
comme homme de fief du comté de Hainaut dans un
acte du 19 novembre 1558. Les « tenantes » de la seigneurie
foncière de Corneille de Ligne, à Sars 12, passèrent,
le 10 janvier 1562, n. st., un acte d' arrentement, par Jehanne
de Beaumelz, veuve de Guillaume Mathis à Jean Marin, marchand de bois, à Sars, d' une maison et jardin
contenant un demi journel sis en cette commune, moyennant, le paiement des anciens cens, rentes et pensions
dus sur cet héritage.
C. Jean Van Ballen, écuyer, posséda la seigneurie de le Haye, après Cornille de Ligne, en action de la génération demeurée de feue Anne de Ligne, sa Femme, héritière
de Nicolas Corosty, son oncle. Il apparaît dans un acte du 19 avril 1583, passé devant le mayeur et les « tenaules » de cette seigneurie dont il était alors le
possesseur De son mariage, il eut une fille : Anne Van Ballen, qui épousa Jean de Rebreviettes,
écuyer, qui devint seigneur de le Haye, après la mort
de son beau-père.
Le 20 juillet 1589, Jean de Rebreviettes, alors à Lille,
releva devant la cour féodale du Rœulx, entre autres, la seigneurie foncière de le Hove, échue à sa femme par suite du décès de Jeanne de Ligne, dite de Barbençon,
sa tante . Il vendit, le 14 décembre 1599, par-devant la
loi de Sars, sauf l'autorisation de rachat au denier 16,
Jehan Biens, bourgeois de Mons, 100 livres tournois de
rente par an, comme nouvelle charge sur sa maison
et cense de le Have, dont il se déshérita en garantie de
sa dette. Sa situation ne s'étant pas améliorée, il
vendit successivement, les 7 décembre
1602, 12 aoùt 1603 et 7 août
1606, à Philippe Dumont, chevalier, seigneur de
Rampemont, Fantignies, etc., des
rentes de 100, 50 et 200 livres
tournois par an, à prendre sur les héritages
dits de le Haye13. Par procuration donnée le 3 avril 1629 devant les
échevins de Valenciennes, Jean de Rebreviettes rapporta entre les
mains de Brassart, mayeur de Mons, au profit d'Andréa Trivigy,
conseiller et médecin de la chambre de LL. AA. Sérénissimes, en
assurance d'une somme de 3000 florins restant due sur celle de 5000
florins, la cense de le Haye, pour être vendue et exécutée par plainte à
loi, dans le cas où, dans cinq ans, Guillaume de Rebreviettes, seigneur
d'Escœuvres, son fils, n'aurait pas satisfait à son engagement du 7
mars 1629. Ce dernier comparut, avec Andréa de Trivigy, devant les
échevins de Mons, le 15 septembre 1629, et rapporta entre les mains
de Chaudfontaine, mayeur, les
héritages de la cense de le
Haye, qu'il tenait sur pied d'arrentement fait à son profit par
le seigneur de le Hove son père. Guillaume de Ribreviette mourut à
Bruxelles, vers le mois d'août 1634, et eut pour héritier, son père Jean
de Rebreviettes, qui donna procuration à François de la Marck, seigneur
de Balencourt, son gendre, époux d'Anne de Rebreviettes, pour relever
devant la cour féodale de Hainaut la seigneurie de Genly, sans préjudice
aux dettes ; il fut admis au relief le 20 juillet 1635 14. Jean de Rebreviettes étant mort vers le mois de juillet 1636, sa petite-fille,
Marie-Anne-Victoire de la Marck, hérita la terre de Genly, dont son père et
tuteur, François de la Marcq, fit le relief, sans préjudice aux dettes, le 17
juillet 1637. Quant à la seigneurie foncière de le Haye, une partie des biens mainfermes
composant la cense, fut vendue sur recours, le 20 août 1640, par le sergent de
Sars, commissionné à cette fin par le bailli, sur plainte des héritiers de feu
le docteur Andréa Trivigy et par écrit d'exécution fait et mis outre par-devant
les mayeur et échevins de Sars, le 12 septembre 1634, en vertu du rapport et de
la déshéritance qu'en avait faits, le 8 novembre 1619, Jean de Rebreviettes
par-devant les gens de loi de Sars, au profit des Pères de la Compagnie de
Jésus, en assurance d’une somme de 8398 livres 10 solstournois qu'il leur devait
15. Ces parties de mainfermes, au nombre de
huit, contenant ensemble 13 bonniers 2 1/2 journels, qui appartenaient, en 1640,
à Anne-Marie-Victoire de la Marck, déjà citée, furent mises à prix « à
la somme de deux livres, une fois, oultre et par-dessus et sans y comprendre les
anciennes rentes, cens et charges constitués auparavant et jusqu'au jour du rapport
». Elles furent adjugées, après plusieurs enchères, à Toussaint Gouffart, au
prix de 2150 livres tournois, une fois, « outre et par-dessus les conditions de
la criée et les frais divers engendrés à cause de la vente »16. Dans une plainte de rendue à nouvel héritier faite par Michel Patoul procureur
de la dame d'Acoz en paiement d'une rente annuelle de 4 livres 8 sols 6
deniers due sur la maison et jardin de le Haye, contenant environ deux bonniers
et sur environ 76 bonniers de terres, prés, pâtures, formant la cense de le Haye, avec rentes d' argent, d' avoine et de chapons et seigneurie foncière,
plainte mise outre le 23 décembre 1641, par les mayeur et échevins de Sars, sont
désignés comme derniers possesseurs de ces biens et rentes, les héritiers
Quentin de Gosée, Gouffart et le seigneur de Balencourt.
Toussaint Gouffart, licencié-es-lois, fils de Toussaint,
bourgeois de Marche-en-Famenne, épousa, en 1641, Marie de
Verchoven fille de Michel, bourgeois de Bruxelles, qui donna a la future épouse, 20.000
florins monnaie de Brabant. Par son contrat de mariage, Gouffart promit
de donner à la future, à titre
de douaire. 400 florins par an, outre des bijoux d'une valeur de
2.000 florins, en se déclarant
possesseur de la cense seigneuriale de le Haye, à Sars, et d'une somme de 8.000 patacons
capital, constituée en rente sur le Mont-de-piété de Mons17.
Il semble résulter de cet acte que Toussaint Gouffart
avait acquis les diverses parties de la cense et seigneurie
foncière de le Haye et remboursé les rentes dues sur
ces héritages. Nous n'avons pu retrouver les documents constatant ces acquisitions, mais on voit dans un chirographe du 5 juillet 1660, que Toussaint Gouffart fit plainte devant la loi de Sars, pour avoir paiement de trois parties de rentes
d' argent, de chapons et de fourgues en pré dues et hypothéquées sur des héritages tenus de la seigneurie foncière18.
Le 30 août 1672, le même, qualifié seigneur de le Val,
demeurant à Sars, donna en arrentement perpétuel à
Nicolas Dufrasne, une maison, grange, étables, jardin,
pré, le tout contenant quatre journels ou environ, tenant à
la grand’rue et aux prairies de la cense de le Haye,
moyennant 61 livres tournois par an, outre le paiement des
rentes perpétuelles et irrédimibles dues sur cet
héritage, savoir : - 4 fourgues en pré, 12 chapons,
6 rasières d'avoine et 4 pains valant 4 blancs, dues au
vendeur, avec les droits seigneuriaux quand les héritages
allaient de main en autre, outre encore une rente
annuelle de 30 sols due à l'église de Sars. Toussaint Gouffart eut de sa femme, Marie de Verchoven,
trois enfants:
1-Georges-Octave Gouffart, seigneur de le Val, conseiller
et maitre de la Chambre des comptes du roi en
Brabant. 2-Claire Gonffart, qui épousa Eustache
Levesque,
seigneur de Thieusies, dont une fille unique, Catherine-Augustine-Françoise
Levesque 19. 3-Catherine Gouffart. Il mourut avant le 20 mai
1683. A cette date,
sa veuve et ses héritiers donnèrent en arrentement perpétuel à André
Gordtgysels, cinq bonniers de terre en une pièce
située Sars, tenant aux vendeurs et au chemin
des Communes, à charge de faire bâtir une maison sur cet héritage et de payer 113
livres de rente par an 20. Le 6 septembre 1707, Martin et Antoine Gouffart, frères germains, Marie-Anne
Gouffart et Marguerite-Hélène
Gouffart, veuve d'Antoine Groffey, leurs sœurs, demeurant à
Marche-en-Famenne, donnèrent en arrentement perpétuel à Vincent de la roche,
licencié es-lois et avocat à Mons, la moitié des parties ci-après, partageant,
pour l'autre moitié, contre François de Verchoven, savoir : - la moitié du château de le Haye et de ses dépendances, consistant en deux
bonniers, gisant à Sars; - la moitié des rentes seigneuriales, tant en avoine, chapons et argent qu'en
droits seigneuriaux, selon le titre du 27 mars 1651, plus 150 livres de rente
dues par plusieurs personnes; - la moitié d'une pâture nommée la bergerie; - les deux tiers des parties nommées autrefois la cense du Planty à Sars,
partageant, pour l'autre tiers, contre le dit de Verchoven, savoir : - treize bonniers de terre en plusieurs pièces, au rendage de 24 livres le
bonnier ; - trois autres bonniers arrentés à 72 livres; - une pâture louée à raison de 40 livres; - un aulnois ou hayette contenant deux journels; - les deux tiers en 434 livres de rente dues par plusieurs personnes, et,
finalement, la totalité des parties dépendant autrefois de la cense de le Haye,
consistant en : - 21 bonniers de terre loués à raison de 24 livres le bonnier;
- 8 bonniers loués 170 livre ;
- 5 bonniers de pâture applantés d'arbres, loués 245 livres ;
- 2 bonniers loués 70 livres; 5 journels de pré loués 65 livres.
- 4 journels de pâture, entourés de haies vives, et un certain pré, loué 13
livres. Ces biens, donnés en arrentement moyennant 1600 livres franches de toutes
impositions, par an, outre les anciens cens et rentes — s' il s' en trouvait —
venaient du patrimoine des vendeurs qui pouvaient les aliéner, Antoine Gouffart
étant marié à Marie-Thérèse Fisdesoye, de laquelle il avait enfant vivant,
Martin et Marie-Anne Gouffart étant suffisamment àgés, sans père ni mère, et
ayant l' un et l' autre donné leur consentement, ainsi que le dit Antoine Gouffart,
Marguerite-Hélène Gouffart, veuve d' Antoine Groffey et ses deux fils, Antoine et
Toussaint Groffey, suffisamment âgés et émancipés21. Le lendemain, 7 septembre 1707, Vincent de la Roche paya aux vendeurs la somme
de 28.800 livres, pour rachat et extinction, au denier 18, des 1600 livres de
rente, montant du prix de l'arrentement ci-dessus. Le 5 juin 1711, il exposa à la loi de Sars qu'il était propriétaire de la
moitié de la maison et donjon de le Haye, avec chapelle, écurie, colombier,
jardin, verger, drève, etc., d'une contenance totale de deux bonniers ou
environ, partageant contre François de Verchoven. Il demanda, ces biens n'étant
pas partageables, de les exposer par recours public, au plus offrant. Sa demande
ayant été accueillie, cette moitié fut adjugée, au prix de 185 livres tournois,
y compris tous anciens cens et rentes, à Philippe-François Taulet, qui dénomma pour commandant Vincent de la Roche22.
Philippe Paillet, procureur de ce dernier, représenta, le 21
juillet 1712, aux mayeur et échevins de Sars, que, le 12 mai précédent, il avait
mis outre devant eux une plainte tendante au recours de non partable de
plusieurs parties de terres, prés et aulnois contenant ensemble 19 1/2 bonniers
et 1 1/2 journel, dont son commettant était héritier à titre d' achat, partageant
contre François de Verchoven. Nous n'avons pas retrouvé l'acte constatant la
mise à recours, mais nous avons tout lieu de croire que Vincent de la Roche
acquit la part de François de Verchoven et qu'il devint ainsi propriétaire de
toute la cense de le Haye 23.

1- De
Reffenberg monuments pour servir à l'histoire des provinces de Hainaut,
Namur, etc.. t.VIII, p.462
2- Nous
avons vu que cette partie des héritage de le Haye fut inféodée à
l'église de Sainte-Waudru en 1317 par Willaume Barat.
3- L.
Devillier. Chartes du chapitre de Sainte-Waudru, t,I.
4-Inventaire des papiers
trouvés
en la maison de Nicolas Corosty en 1557. Fonds des hospices civils. Archives de l'Etat,
à
Mons.
5-Cartulaire
des fiefs du comté
du Hainaut, fol. 17, archives de l’état.
6-
Acte en relief du 22 septembre l471. Cour féodale de SainteWaudru.
Arch. de l'Etat, à Mons. Compte du bailliage du chapitre.
7-Greffe scabinal de Chirographe
1329-1600. Archive
de l'État, à Mons.
8-Inventaire
cité des écrits de Nicolas Corosty
9-Lettres
du 27 février 1514, n. st., et chirographe du 8 juin 1514 des échevins
de Sars. Inventaire cité des écrits de Nicolas Corosty.
10-Greffe scabinal de Sars.
Chirographes. Archives de l'Etat, à Mons.
11-Inventaire des écrits de Nicolas Corosty, fol. 254. Inventaire des contrats de mariage. Archives de l'Etat, à Mons
12-Il s'agit de la seigneurie de le Haye.
13- Greffe scabinal de Sars et Fonds de Warelles. Archives de l'Etat, à Mons.
14- Cour féodale de Hainaut. Reg. aux reliefs. n°312. fol-18 Archives de l' Etat, à Mons.
15- Cette créance avait été cédée par les Pères à André Trivigy.
16- Greffe scabinal de Sars. Embrefs. Archives de l'Etat, à Mons.
17-Conseil souverain de Hainaut. Recueil de contrat de mariage
1632-1643. Archive de l’Etat à Mons.
18-Greffe
scabinal de Sars. Chirographes, 1601 à
1699. Archives
de l'Etat, à Mons.
19-Conseil souverain Enregistrement d' avis de père
et de mère. Reg.530, fol 234, Archives de l'Etat à Mons.
20-Greffe scabinal de Sars. Embrefs 1661-1698. Archives de l'Etat, à Mons.
Il s'agit d'une partie de la cense du Planty.
21-Greffe
scabinal de Sars, Embrefs Archives de l'Etat à Mons.
22-Greffe
scabinal de Sars, Embrefs Archives de l'Etat à Mons.
23-Greffe
scabinal de Sars, Embrefs Archives de l'Etat à Mons.
Alphonse Gosseries
P.93-111.
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