Description du Bâtiment

A) Elévation intérieur :

 

 

1: une cave à moitié enterrée et autrefois voûtée de trois berceaux longitudinaux; on distingue encore en effet le départ des voûtes. Elle est percée de trois ouvertures à l'Ouest, et d'une baie à l'Est, sous la porte d'entrée. Le sol est constitué de carreaux de terre cuite sur terre battue. Le parement comporte, quant à lui, des moellons en grès de Genly dans sa partie inférieure et des briques dans la partie supérieure (ill.21).

 

 

 

2: un rez doté à l'Est d'une porte d'entrée, placée à 1 m20 du sol, du côté extérieur. En réalité, deux portes se logent dans l'épaisseur du mur, séparées par un sas, qui donne également accès à une latrine intra murale éclairée par une meurtrière (ill.22).

 

 

 

 

Dans le mur Est s'inscrit aussi une baie à banquettes (ill.23).

 

 

 

 

 

Au centre de la face Nord, nous trouvons une baie à banquettes, identique à celle que nous venons de mentionner, entourée de deux petites armoires murales (ill.24).

 

 

 

 

A l'Ouest, une grande cheminée occupe le centre de la paroi. Elle possède un contrecœur en briques, plates dans le fond du foyer et plus carrées à l'avant, et une hotte en brique et moellons de pierre. Il n'y a pas de traces apparentes d'une armoire murale qui aurait accueilli le matériel pour le feu (ill.25).

 

 

Le mur Sud présente un espace en léger retrait sur une longueur de presque 2m et une hauteur d'environ 1m10, couronné d'un arc surbaissé. Nous pensons qu'il peut s'agir d'une banquette. Au centre de cette face, nous retrouvons une baie à banquettes, semblable aux deux autres. Vers l'Est s'inscrit une porte donnant accès à l'escalier intra pariétal, qui compte trente cinq marches et monte, d'une traite, jusqu'au second niveau. L'entrée de l'escalier est éclairée par une meurtrière (ill.26).

 

Le rez est actuellement recouvert d'un plancher. Le plancher du premier, autrefois porté par des corbeaux dont quelques uns sont encore visibles, a été totalement supprimé au XVème ou au XVIème siècle. L'étage unique, résultant de cette transformation, est voûté d'ogives.

Les voussoirs constituant les nervures sont en pierre blanche et reposent sur des consoles placées à plus ou moins 1 m30 du plancher, aux quatre angles du rez. Les voûtains, eux, sont en briques.

 

3: un premier étage, que ne dessert pas l'escalier. On y accédait peut-être par une échelle ou par un escalier en bois intérieur.

La face Sud est éclairée par une baie, qui est bouchée de briques sur le parement extérieur, et qui, selon le projet de restauration, sera rouverte. Elle se place au-dessus de la cage d'escalier.

 A l'Est, une baie, située au-dessus de la porte d'entrée, comporte également un bouchon en briques, mais cette fois dans le parement intérieur.

 

Notons que, dans un voûtain tout proche, un oculus a été percé puis rebouché. Nous nous interrogeons sur son utilité (ill.27).

 

 

 

 

 

 

Au Nord se place une fenêtre à banquette plus grande que celles du rez (ill.28). Quant à la face Ouest, elle ne présente aucun percement; elle est simplement traversée par des boisseaux de cheminée qui seront détruits.

 

 

 

4: une plate-forme qui sert de toiture à l'ensemble du bâtiment, mais qui devait très certainement constituer autrefois le plancher d'un quatrième niveau.

Cette hypothèse est en effet fortement appuyée par le fait que l'escalier intra pariétal monte directement jusqu'au deuxième étage sans même desservir le premier. Une telle disposition implique que le second étage ait une importance non négligeable et qu'il ne soit pas simplement un grenier sous toiture.

 Note: hormis un soubassement un peu plus marqué, nous pouvons noter que l'épaisseur des murs reste constante sur les trois premiers niveaux.

 

B)  Elévation extérieure:

I. Façade Est:

D'emblée, nous distinguons que le soubassement, situé à 1 m20 du sol, se marque légèrement dans le mur, par une avancée de 5 à 10cm par rapport à l'aplomb de la façade. Ce soubassement est constitué à la fois de pierres de différentes sortes et de différentes couleurs, et de briques rouges. Celles-ci sont localisées principalement de part et d'autre de la baie placée sous la porte d'entrée.

La porte, située au centre de ce côté, offre une ouverture de 3m de haut. Son encadrement est constitué, en partie, de pierres moulurées de natures et de gabarits variés (ill.29). Ces pierres s'arrêtent un peu au-dessus de la ligne de soubassement, et suivent alors des briques. Un agrandissement tardif de la baie est possible. Cette porte est habituellement datée du XVIème siècle, et serait contemporaine de la construction de la voûte d'ogives.

 A ce sujet d'ailleurs, J-L Van Belle (1) nous fournit de précieux renseignements.

Il a en effet relevé des signes lapidaires sur les pierres formant l'encadrement de la porte et date ces signes de la moitié du XVIème siècle. Il les rattache à la famille Le Prince, maîtres de carrière.

Le seuil de la porte est à l'heure actuelle constitué d'une dalle de béton cendré.

 

 

A droite de la porte se trouve une petite baie rectangulaire avec, sous un arc de décharge aplati en pierres blanches, un linteau monolithe et des piédroits en pierres de diverses natures (ill.30).

 

 

 

 

A gauche de la porte, une meurtrière éclaire la latrine. Elle est localisée dans une zone de parement qui semble être une réfection. Nous remarquons en effet une ligne de démarcation entre les deux types de parement (ill.31).

 

 

 

Au dessus de la porte vient prendre place une baie de la taille d'une porte. Il s'agit probablement d'une ancienne fenêtre à banquettes, dont l'ouverture a été agrandie à un moment de l'histoire du bâtiment (ill.32).

En effet, elle est surmontée d'un arc de décharge aplati, en pierre, et possède des piédroits du même type que la baie du rez. Néanmoins, dans ce cas-ci, les pierres s'arrêtent à mi hauteur, du moins du côté droit, et sont alors remplacées par des briques. Rappelons que cette baie est actuellement bouchée par des briques dans le parement intérieur du donjon.

 

II. Façade Sud:

Aucune ouverture n'apparaît au niveau de la cave. Plus haut émerge la démarcation du soubassement, sous la forme d'une ligne homogène de pierres grisâtres, à 2m du sol (ill.33).

Au niveau du rez se place une fenêtre de facture très comparable à celle que nous avons vue sur la face Est: arc de décharge surbaissé en pierre, linteau monolithe et piédroits constitués d'un chaînage de pierres. Cet arc de décharge, comme celui de la baie du rez de la façade Nord, est constitué de divers moellons et non de pierres calcaires taillées, comme c'est le cas à l'Est.

En partant d'en bas à droite, et en remontant vers la gauche, nous apercevons quatre meurtrières qui suivent le parcours de l'escalier. Aucune n'est d'origine. En effet, les deux d'en bas s'inscrivent dans une zone de parement refait en pierres, tandis que les deux d'en haut se situent dans un parement en briques, qui occupent quasiment toute la moitié supérieure de cette face.

D'autre part, dans l'angle supérieur droit de la façade, se plaçait une fenêtre qui devait éclairer le premier étage. Elle a été bouchée par des briques.

 

III. Façade Ouest:

La ligne de soubassement n'est visible ici que sur les deux extrémités, la partie centrale ayant reçu un parement en briques, très étendu dans le bas du bâtiment et allant en rétrécissant pour arriver jusqu'au sommet du mur (ill.34).

Le niveau des caves est percé de trois ouvertures de la taille d'une porte. Elles devaient constituer le lien avec les bâtiments annexés à cette façade à l'époque de la brasserie et aujourd'hui détruits.

 

 

IV. Façade Nord:

A hauteur du rez se trouve une fenêtre surmontée d'un arc de décharge en pierres, dont nous avons parlé plus haut, et dotée d'un linteau et d'un seuil monolithe (ill.35).

Les piédroits sont constitués de pierres de taille placées en chaînage comme dans les autres fenêtres du rez.

La différence d'aspect de cette zone, par rapport au reste du parement, et la fente qui sépare ces deux parties nous incitent à penser qu'il s'agit là d'une réfection. Celle-ci n'a pas modifié l'encadrement même de la fenêtre, mais peut-être bien son arc de décharge.

Au-dessus d'elle et à hauteur du premier étage se place une baie plus grande, qui s'inscrit dans une zone de parement en brique. Elle n'est plus surmontée d'un arc de décharge en pierre, mais a probablement conservé son linteau d'origine.

Elle a sans doute été refaite à l'emplacement de la baie primitive et a été agrandie vers le bas, ce qui expliquerait sa taille différente des autres.

 

 

 

Mémoire de Muriel GHYS 1996-1997

(1) H.HASQUIN, Communes de Belgique, dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, Wallonie, 2, Bruxelles, 1980, p.1340-1341.